*in our first of a series, this entry will be offered only in French. Any errors in spelling is assumed by the poster of this article, not the author.  

Marie-Renée Otis, artiste en résidence à Paris, 

Boursière du Conseil des arts et des lettres du Québec

Semaine 20 

Françoise Micoud

On peut parler de rendez-vous manqué avec madame Micoud. Elle fait partie des créateurs textiles de mon grand livre des artisans de la ville de Paris et j'ai pris contact avec elle au début août. Elle partait en vacances.

Le mois de septembre fut passablement occupé de mon côté, ce n'est qu'en octobre que j'ai rappliqué auprès d'elle. Difficulté à trouver des temps libres, changement d'horaire et enfin une date : jeudi en fin d'après-midi. Seulement voilà, madame Micoud est malade de la grippe. Donc, on annule une fois de plus. J'abandonne.

Elle est dentellière à la base et depuis mon séjour au Puy en Velay avec mon amie Anne-Marie, je suis plus attentive aux dentelles.

Lucie a déniché une oeuvre de Françoise Micoud réalisée en dentelle aux fuseaux dont le point s'appelle le point d'esprit. Et c'est un clin d'oeil tout particulier à Anne-Marie qui, elle aussi a appris le point d'esprit lors de son stage au Puy en Velay. Une autre oeuvre représente un papier embossé de madame Micoud, avec des rehauts de broderie.

On peut emprunter les mêmes chemins de la création sans aboutir au même endroit. 

Françoise Micoud, Attention danger ! photo

Françoise Micoud, Attention danger !, détail  photo

Françoise Micoud, De fil et de feuille, dentelle au point d’esprit photo

Bijoux en résidence

Organisé par les Ateliers d'art de France, depuis la mi-septembre on peut suivre un circuit bijoux qui nous amène dans différents coins de Paris pour admirer et découvrir les créateurs jeunes et émergents.

Dans beaucoup de cas ce sont des sculptures qui se portent comme parures, donc on peut les appeler des bijoux mais ils sont tellement originaux et impropres à être portés (par exemple faits avec du fil barbelé ou des épingles) que ça reste dans le domaine de l'exploration et de la recherche.

Aux Ateliers de Paris logés sur la rue du Faubourg Saint-Antoine, une dizaine de jeunes artistes exposent des bijoux davantage accessibles et je vous présente trois d'entre eux car leur démarche est proche des textiles : 

Sophie Della Rosa crée ses bijoux en utilisant la maille du crochet et la maille du tricot.

www.sophiedallarosa.com


Lily Alcatraz et Léa Berlier unissent leurs talents pour créer des bijoux textiles en soie, teints et fabriqués à la main qui s'inspirent de jeux de construction. Leur collection s'intitule Perlingot 

www.lilyetlea.fr

Et Janaïna Milheiro, plumassière et designer textile présente " Le fil des plumes" une collection de géométries de plumes taillées et serties. Par un travail minutieux de découpe et de pliage, les plumes d'oies, de pintade, d'autruche sont sculptées et changées en triangles, rectangles ou losanges facettés 

www.janaina-milheiro.com 

Sophie Della Rosa, Collection des petits riens
Janaïna Milheiro, Collection Le fil des plumes 

Palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris

En arrivant dans la salle où les vêtements du créateur d'origine tunisienne Alaïa sont exposés, on a l'impression qu'il a dessiné des modèles pour des corps qui n'existent pas. Exceptions faites pour des corps de Barbie.

Nous sommes dans la sphère de la haute couture. La confection, les coutures, la finition sont plus que parfaites et pour certains modèles on se demande comment le mannequin a réussi à enfiler la robe ?

Son style est différent de ce que l'on voit habituellement; chez Alaïa, pas de broderie...quoi ? pas de broderies en haute couture ?!, pas de paillettes, pas de perles sauf des perles métalliques qui ne brillent pas, rien de clinquant.

Du cuir, beaucoup de cuir, des oeillets, de la ficelle, du raphia, de la corde, et en plus des robes moulantes à l'excès, faites de bandelettes comme pour momifier le corps, on retrouve aussi beaucoup de soutient-gorges avec des petites jupes assorties.

Tina Turner en soutien-gorge et jupettes à franges dans ses spectacles, ça vous dit quelque chose ? Et bien elle porte des vêtements Alaïa.

Le morceau que j'ai préféré de sa collection, c'est une queue de pie,(veston de cérémonie, court devant et long jusqu'aux genoux en arrière) en peau de crocodile. Tout le dos du vêtement est fait du dos complet du crocodile.

Personne ne vous joue dans le dos lorsque vous portez ce vêtement-là... 

Alaïa à la Maison Galleira


Musée de la chasse et de la nature, Art orienté objet

Au premier abord je ne saisissais pas bien quel lien existait entre le musée de la chasse et de la nature et les arts textiles. Pourquoi nous suggérait-on d'aller visiter ce musée sur le site internet des expositions d'arts textiles ?

J'ai compris en voyant le gros ours polaire, grandeur nature monté sur ses pattes arrières, tricoté d'un bout à l'autre, de même que la tête de bison, grandeur nature elle aussi, tout aussi bellement tricoté.

C'est un bien étrange musée que celui de la chasse et de la nature. Étrange parce que c'est un mélange hétéroclite d'oeuvres très conceptuelles et avant-gardistes avec des collections tout ce qu'il y a de plus classiques.

Normalement, qu'est ce qu'on trouve dans des musées de la chasse ? Des collections de pointes de flèche, d'armes, des sculptures et peintures avec scènes de chasse, des trophées empaillés des têtes d'animaux de toutes les grosseurs, un cabinet des oiseaux de proies avec des mignons petits chapeaux pour les faucons et gerfauts, mille et une choses qui ont rapport avec la chasse.

Dans ce musée tout s'y trouve, sans exception.

Cependant, dans chaque salle du musée se mélangent aussi des oeuvres de Marion Laval-Jeantet et de Benoit Mangin, des oeuvres contemporaines ayant un lien avec la nature et la chasse.

Par exemple, une peau de cerf, transformé en cornemuse pour reproduire le son du brame. Une tête de bison tricoté pour rappeler que nous avons décimé les immenses troupeaux de l'ouest canadien et américain. "La machine à méditer", une chaise avec des plumes de canards et oies, plumes récoltées lors de la grippe aviaire "La peau de chagrin", le grand ours polaire tricoté dont l'habitat diminue et fond à vue d'oeil.

"Que le cheval vive en moi", une expérience art-bio-technologique, où l'artiste s'injecte du sang de cheval.

Art orienté objet, ce sont trente oeuvres, insérées dans les collections permanentes, certaines faites spécialement pour l'exposition, qui explorent les types de relations entre l'homme, l'animal et la nature.

Vidéo dans laquel les artistes expliquent leurs oeuvres.

http://www.dailymotion.com/video/x16rnii_musee-de-la-chasse-et-de-la-nature-art-oriente- objet_creation

Exposition Art orienté objet, La peau de chagrin de Nelly Naya, œuvre de sculpture en résine et tricot, 4 m x 5 m x 5 m

Carole Simard-Laflamme

Je rejoins Ariane et Ghyslaine à Épernon. Une demi-heure de train en direction de la Beauce française.

Ce sont des femmes qui adorent cuisiner et la conversation tourne autour de leurs expériences culinaires avec des produits bios de la région. Belle balade en voiture jusqu'à Cambrai dans la région de Chartres dont nous voyons au loin les deux clochers caractéristiques qui dépassent l'horizon de leur hauteur. Impossible pour les pèlerins du Moyen-âge de se perdre. Cambrai est un tout petit village français qui semblait bien endormi en ce beau dimanche matin. Pas âme qui vive.

L'église de Cambrai est une église à l'architecture romane c'est-à-dire qu'elle n'est pas très haute, solide, trapue et que ses fenêtres sont plutôt petites et peu nombreuses. Donc de l'extérieur, elle a l'air sombre.

On entre et le miracle se produit : nous sommes en présence des robes du temps de Carole Simard-Laflamme, artiste québécoise qui a toute mon admiration. Sa création architecturale, son oeuvre textile flotte, suspendue au plafond peint de l'église, magistrale, poétique, envolée.

On s'assoie, on admire, on s'émerveille, on se chuchote des commentaires et on en vient à une conclusion commune, nous souhaitons que cette oeuvre reste de manière permanente dans cette église où le plafond de bois, richement coloré se marie si bien aux petites robes, toutes aussi colorées. 

Carole Simard-Laflamme

Carole Simard-Laflamme, Les robes cathédrales, à l’église de Cambrai 


Photos ajoutées par Lucie Daigneault

1 comment:

  1. Wow!Tres interessant. J'espere qu'il y sera plus articles comme ca.

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